Christophe Bellan pour l'honneur

Dix ans après un sombre fait divers à Vasles, Christophe Bellan, ex-gendarme, persiste à demander des comptes à sa hiérarchie à travers son livre.

Christophe Bellan n'a pas eu de nouvelles de son ancienne hiérarchie après la publication de son livre en décembre et déjà vendu à plus de 1.000 exemplaires.
Christophe Bellan n'a pas eu de nouvelles de son ancienne hiérarchie après la publication de son livre en décembre et déjà vendu à plus de 1.000 exemplaires.

Il s'est mis à la retraite pour sortir du silence et révéler l'histoire qui l'a fait sombrer dans un psycho-syndrome post-traumatique : Christophe Bellan, ancien gendarme à Parthenay, raconte dans « Le Paria, de la lumière à l'enfer », sa « mise au placard, les pressions, les menaces », après qu'il a sauvé la vie d'un meurtrier. Sa guerre contre sa hiérarchie et son combat pour se relever. L'affaire remonte au 16 novembre 2002 : un forcené qui vient de tuer ses beaux-parents, se dirige vers les gendarmes, armé d'un couteau, un collègue tire sur le forcené. Christophe Bellan se jette sur lui pour le maîtriser et faire cesser les tirs, raconte-t-il. L'ancien gendarme dit s'être alors retrouvé seul avec le meurtrier quand la maison, que ce dernier a enflammée après avoir ouvert des bouteilles de gaz, a explosé.

Vers un dépôt de plainte ?

« J'ai pris ma retraite pour pouvoir déposer plainte et écrire ce livre, comme une thérapie », expliquait Christophe Bellan, en séance de dédicace samedi. Publié en décembre 2012, le bouquin s'est vendu à plus de mille exemplaires, et l'ancien gendarme a reçu nombre de soutiens, notamment d'associations nationales de défense des fonctionnaires. Du côté de son ancienne hiérarchie, en revanche,« malheureusement rien n'a changé. Aucune réaction. Si mon livre avait été un tissu de mensonges, il y aurait eu des plaintes depuis longtemps… » Pourtant, Christophe Bellan continue d'essayer de faire avancer son dossier. « C'est pour l'honneur que je me bats, et pour les autres, rappelle-t-il. En janvier, je suis allé faire passer mon livre dédicacé au ministre de l'Intérieur, j'ai sollicité la Présidence de la République et Christiane Taubira. » Mais l'ancien gendarme ne sait toujours pas où en est sa demande de médiation, faite après que sa plainte a été classée sans suite. « Si on ne trouve pas de solution par la médiation, je déposerai plainte avec mon avocat et si ça n'aboutit pas, peut-être saisirons-nous la Cour européenne des droits de l'homme, pour poursuivre la France. »
La publication de son livre a au moins eu son effet thérapeutique. « Avec le biographe, j'ai pu expliquer l'inexplicable. » Et trouver une nouvelle activité puisque Christophe Bellan a créé ses propres éditions, avec lesquelles il espère pouvoir faire connaître d'autres auteurs.

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